L'essentiel
- Le calculateur additionne cinq postes annuels pour un hôtel de 80 chambres, soit 7 070 € par an avant correction de dureté, puis les projette sur dix ans.
- Deux postes reposent sur des prix publics vérifiables (résistances, détartrants). Trois sont des ordres de grandeur sans source collective : détartrage, énergie, robinetterie.
- Le poste énergie est le plus fragile : les mesures publiques donnent 1 à 5 % de surconsommation sur chaudière ou ballon gaz, et aucune perte de rendement sur ballon électrique.
- Pour un hôtel de 80 chambres au gaz, les sources publiques ne contredisent pas l'ordre de grandeur de 7 000 € par an. Pour un hôtel tout électrique, retirez le poste énergie et ne gardez que les résistances.
Ce que le modèle calcule
Le calculateur part d'un hôtel de référence de 80 chambres et lui attribue cinq coûts annuels liés au tartre. Chaque poste est mis à l'échelle du nombre de chambres, quatre des cinq sont multipliés par un coefficient de dureté, et le total est projeté sur dix ans, sans inflation ni actualisation. Le résultat est ensuite comparé à deux scénarios de traitement, adoucisseur à sel et traitement physique, détaillés dans le comparatif.
| Poste | Base, 80 chambres | Dureté |
|---|---|---|
| Détartrage | 1 800 € / an | oui |
| Résistances | 950 € / an | oui |
| Détartrants | 720 € / an | non |
| Énergie | 2 400 € / an | oui |
| Robinetterie | 1 200 € / an | oui |
Ces cinq montants ne viennent pas d'une enquête auprès d'hôtels : ce sont des hypothèses de modèle. Ce guide les confronte une par une aux sources publiques.
Les cinq postes, un par un
Détartrage des ballons : 1 800 € par an
Aucune source publique ne donne le prix du détartrage d'un ballon collectif ou d'un échangeur d'hôtel. Les prix publiés concernent le chauffe-eau individuel : 80 à 300 € TTC main-d'œuvre comprise selon Travaux.com, 110 à 220 € pour un modèle électrique selon Ootravaux, à détartrer tous les deux à trois ans selon le fabricant Thermor. Le taux horaire d'un plombier va de 40 à 80 € HT en province et jusqu'à 140 € HT en Île-de-France (Travaux.com).
Le montant du modèle correspond à une vingtaine d'heures de plomberie par an, ou à une intervention lourde sur un ou deux ballons collectifs. C'est plausible, mais c'est une hypothèse : remplacez-la par vos deux dernières factures de détartrage.
Résistances : 950 € par an
Ce poste a un fondement physique solide. Sur chauffe-eau électrique, le tartre ne réduit pas le rendement, mais il fait griller les résistances : les essais Battelle pour l'ASHRAE (1986) concluent à des pannes répétées de l'élément chauffant, et le National Bureau of Standards (1978) en donne le mécanisme : toute l'énergie de la résistance passe dans l'eau, mais un dépôt épais la fait griller prématurément.
Une résistance stéatite de 1 200 à 3 000 W coûte de 61 à 159 € TTC chez Cedeo et de 74 à 115 € TTC chez 1001 Pièces, pièce seule. Le poste du modèle représente donc six à quinze résistances par an, pose non comprise. Il ne s'applique que si votre eau chaude est électrique : un hôtel au gaz n'a pas de résistances à changer, et le calculateur ne le sait pas.
Produits détartrants : 720 € par an
Deux références professionnelles en bidon de 5 litres : le Metalnet, 44,40 € TTC chez E-ASD, et le GEB G62, 63,60 € TTC chez Matériel Électrique et 67,90 € TTC chez Anjou Connectique, dosé à un litre pour 100 litres de circuit. Le poste du modèle correspond à onze à seize bidons par an, de quoi traiter 5 500 à 8 000 litres d'installation.
C'est le seul poste que le modèle ne corrige pas par la dureté. Rien ne le justifie : plus l'eau est dure, plus il y a de tartre à dissoudre. C'est une incohérence du modèle, signalée ici pour que vous en teniez compte.
Énergie : 2 400 € par an
C'est le poste que les sources contredisent le plus. Sur chaudière vapeur industrielle, le Département de l'énergie américain publie, d'après une table du NIST, 1 % de combustible en plus pour 0,4 mm de tartre, 2 % pour 0,8 mm et 3,9 % pour 1,6 mm. Sur ballon gaz, l'étude Battelle de 2009 pour l'industrie des adoucisseurs mesure 3 points de rendement perdus après l'équivalent de deux ans en eau à 44 °f ; les essais Battelle pour l'ASHRAE (1986) donnent 5 % après 27 kg de dépôt, soit une vingtaine d'années. Sur ballon électrique, le rendement ne bouge pas ; seule une dérive du thermostat, mesurée en laboratoire par Eskom (Lethea, 2017) à 6,8 % et 11,8 % sur deux résistances, un appareil par condition, peut faire consommer davantage.
Pour situer les 2 400 € : selon le Costic (Cegibat), un hôtel deux ou trois étoiles consomme 165 à 250 litres d'eau chaude par chambre et par jour. Pour 80 chambres, chauffer cette eau d'environ 50 °C demande 280 000 à 425 000 kWh par an, hors pertes de bouclage, qui pèsent autant que la production dans l'hôtel mesuré par Enertech (19 % du gaz contre 18 %). Une perte de 3 à 5 % fait 8 000 à 21 000 kWh par an. Multipliez par le prix de votre kilowattheure : le poste est du bon ordre de grandeur pour un hôtel au gaz, surestimé pour un hôtel tout électrique.
Le calculateur affiche aussi une économie d'énergie de 8 à 12 %, dérivée de la règle « 1 mm de tartre = 10 % de surconsommation ». Cette règle n'a aucune source primaire que nous ayons pu retrouver. Ce guide ne la reprend pas : ne retenez pas ce pourcentage.
Robinetterie : 1 200 € par an
Le mécanisme est documenté : dans l'étude Battelle de 2009, financée par l'industrie des adoucisseurs, les pommes de douche à faible débit se sont bouchées après 12 m³ d'eau à 44 °f, en conditions accélérées. Le montant, lui, n'a pas de source. Remplacez-le par votre budget annuel de mitigeurs, flexibles et pommes de douche.
Le multiplicateur de dureté
Quatre postes sont multipliés par un coefficient égal à 0,85 plus 0,3 fois la dureté divisée par 50. Il vaut 0,91 à 10 °f, 1,00 à 25 °f, 1,06 à 35 °f et 1,15 à 50 °f : la dureté fait varier le total d'environ 23 % entre les deux extrêmes du curseur. Le coefficient est volontairement modéré, mais il ne capte qu'une partie du phénomène. La température de l'eau pèse plus que la dureté dans la vitesse de dépôt, et deux eaux de même dureté n'entartrent pas pareil selon leur pH et leur gaz carbonique dissous. Pour la valeur de votre commune, utilisez la carte de la dureté de l'eau ou le guide sur la dureté de l'eau dans les Hauts-de-France et en Île-de-France.
La formule à dix ans
Trois scénarios, pour 80 chambres à 35 °f :
| Scénario | Formule du modèle | Résultat |
|---|---|---|
| Sans traitement | 5 postes × 10 ans | 74 510 € |
| Adoucisseur à sel | 3 500 € + 30 €/chambre, plus 800 € + 8 €/chambre par an, plus 30 % des coûts du tartre | 42 653 € |
| Traitement physique | 4 000 € + 40 €/chambre, plus 20 % des coûts du tartre | 22 102 € |
Le total sans traitement revient à 7 451 € par an : les quatre postes corrigés valent 6 350 € × 1,06, plus 720 € de détartrants.
Les résidus de 30 % et 20 % sont des hypothèses du modèle, pas des mesures. L'Anses, dans son avis de 2019 sur les anti-tartre non conventionnels, juge les preuves d'efficacité « très succinctes voire inexistantes » et n'a pas pu conclure. Les prix d'installation sont indicatifs ; seul un devis fait foi. L'écart affiché, environ 20 500 €, dépend entièrement de ces quatre nombres.
Comment utiliser le calculateur sans se tromper
- Entrez la dureté réelle de votre commune, pas la valeur par défaut.
- Comparez chaque poste à vos factures. Un poste absent chez vous fait baisser l'estimation d'autant.
- Si votre eau chaude est électrique, ignorez le pourcentage d'économie d'énergie et ne retenez que les résistances.
- Demandez un devis pour remplacer les prix d'installation du modèle.
La page anti-calcaire pour hôtel reprend le même exemple de 80 chambres, avec des pourcentages d'économie d'énergie issus de la règle du « 10 % par millimètre » : lisez-la avec les réserves de ce guide.
Questions fréquentes
Combien coûte le tartre dans un hôtel chaque année ?
Le calculateur Fluotech estime 7 070 € par an pour un hôtel de 80 chambres, avant correction de dureté, répartis en cinq postes : détartrage, résistances, produits, énergie et robinetterie. Ce total est une hypothèse de modèle, pas une enquête. Il faut le remplacer poste par poste par vos propres factures.
Le tartre fait-il vraiment consommer plus d'énergie ?
Oui sur chaudière et ballon gaz, dans des proportions modestes : 1 à 4 % pour moins de 2 mm de tartre selon la table publiée par le Département de l'énergie américain. Sur ballon électrique, le rendement ne change pas ; le coût vient des résistances qui grillent. La règle « 1 mm = 10 % » n'a pas de source primaire.
Combien coûte une résistance de chauffe-eau ?
Une résistance stéatite de 1 200 à 3 000 W coûte entre 61 et 159 € TTC chez Cedeo, et entre 74 et 115 € TTC chez 1001 Pièces, pièce seule. Le poste de 950 € du modèle correspond à six à quinze résistances par an. Il ne concerne que les hôtels dont l'eau chaude est électrique.
Comment la dureté de l'eau change-t-elle le résultat ?
Par un coefficient de 0,85 plus 0,3 fois la dureté divisée par 50, appliqué à quatre des cinq postes. Il vaut 1,00 à 25 °f et 1,15 à 50 °f. La dureté fait donc varier le total d'environ 23 % entre les deux extrêmes. La température de l'eau pèse davantage sur le dépôt que la dureté seule.
D'où viennent les 30 % et 20 % de coûts résiduels après traitement ?
Ce sont des hypothèses du modèle, sans essai indépendant derrière. L'Anses, en 2019, n'a pas pu conclure sur l'efficacité des anti-tartre non conventionnels. L'écart de 20 500 € sur dix ans dépend entièrement de ces deux nombres et des prix d'installation, qu'un devis doit remplacer.
Quels postes du calculateur sont les mieux documentés ?
Les résistances et les produits détartrants, dont les prix publics sont vérifiables chez plusieurs marchands. Le détartrage, l'énergie et la robinetterie reposent sur des ordres de grandeur sans source collective. Le poste énergie est celui que les mesures publiques contredisent le plus, surtout pour un hôtel tout électrique.